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SOMMAIRE de XERFI-PREVISIS n°151

 

 

LE POINT DE VUE de Laurent Faibis

 

 

Les marchés face aux Etats-nations

 

 

 

 

 

1.

 

DOSSIER SPECIAL : INDUSTRIE EUROPEENNE, QUELLES STRATEGIES DE REDEPLOIEMENT ?

 

 

Amorce du dégel, mais pas de redoux
par Alexander Law

 

 

Allemagne : le poids lourd industriel a évité le KO

 

 

France : une industrie en mauvais état

 

 

Royaume-Uni : non, l’industrie n’est pas morte

 

 

Italie : touchée mais pas coulée

 

 

Espagne : la crise a dévasté une industrie déjà fragilisée

 

 

 

 

2.

GLOBAL MARKETS

 

 

European airport companies

 

 

 

 

3.

FRANCE : LE BOUT DU TUNNEL, POUR QUAND ? BILAN 2009 et PERSPECTIVES 2010

 

 

L’hyper-guerre des prix est déclarée

par Alexandre Mirlicourtois

 

 

Inflation : aucun risque inflationniste en 2010

 

 

Commerce extérieur : retour des mauvais jours

 

 

Industrie : restaurer les marges d’abord ; investir on verra plus tard

 

 

BTP : inquiétudes pour 2010

 

 

Distribution : quasiment au point mort en 2010

 

 

 

 

4.

SIGNAUX SECTORIELS

 

 

Le retour des OPA

 

 

Globalisation : au cœur des stratégies des entreprises

 

 

Investissements directs étrangers : de l’Est vert l’Ouest

 

 

 

 

5.

STRATEGIES SECTORIELLES

 

 

Le marché des produits bio, face à un problème d’approvisionnement

 

 

Trois grandes options pour optimiser les fonctions support

 

6.

IDEES ET ANALYSES

 

 

Les marchés face aux Etats-nations ? par Laurent Faibis

 

 

 

 

 

Quelles sorties possibles à la crise ? par Olivier Pastré

 

 

 

 

 

L’hyper-guerre des prix est déclarée

Le prix caché du hard-discount par Alexandre Mirlicourtois

 

 

 

 

 

 

 


La passion de la connaissance économique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La revue de l’économie et des secteurs

 

Industrie Européenne :

Quelles stratégies de redéploiement ?

 

France : le bout du tunnel, pour quand ?

Bilan 2009 et perspectives 2010

 

 

n°151 – JANVIER 2010

 

 



 

LE POINT DE VUE

triomphante, la problématique du rôle de l’Etat dans l’économie, de ses liens avec la nation revient au  premier  plan  en  France, comme dans les autres pays avancés.

 

La fin de la crise n’est qu’une croyance

des marchés financiers

 

Les marchés décryptent des présages de reprise, même en Occident. C’est ce qui explique que les indices boursiers bondissent… et que les marchés croient encore davantage à la reprise, et ainsi de suite : les bourses montent encore et encore. Il est vrai que l’action des banques centrales et les déficits des Etats pour sortir de la récession ont fait exploser le montant des liquidités à un niveau atomique.

 

Les marchés estiment également (et ils ont raison) que le retour de l’inflation n’est pas pour demain, tant les salaires sont tirés vers le bas par la globalisation et le chômage. Certes l’endettement des Etats occidentaux relève lui aussi du risque nucléaire. Mais c’est en même temps la meilleure garantie  que les taux d’intérêt vont rester durablement bas.

 

 

 

 

Abonnement gratuit à Xerfi-Prévisis

sur le site www.previsis.fr

 

 

Directeur de la rédaction :

Laurent Faibis, Président de Xerfi

 

Responsable de Xerfi-Prévisis :

Alexandre Mirlicourtois, Directeur de Xerfi-Prévisis

 

Conjoncture et prévisions

Alexander Law, chef économiste

Alberto Balboni, resp. conjoncture internationale

Cyril Cochener, directeur de Xerfi France

Laurent Marty, directeur général

 

Ont également contribué à ce numéro :

 

Ludovic Melot, directeur d’études, PRECEPTA

Isabelle Senand, directrice d’études, PRECEPTA

David Targy, directeur d’études, PRECEPTA

Nicolas Garin, chargé d’études, Xerfi France

 

Responsable de la diffusion :

Solène Etienne

Contact : setienne@xerfi.fr

 

Société éditrice : Xerfi SAS,

13 rue de Calais, 75009 Paris. 01 53 21 81 51

 

ISSN 1760-8473

 

Achevé de rédiger le 13 janvier 2010

Tous les numéros précédents sont disponibles sur le site previsis.fr

 

 

La passion de la connaissance économique

 

Les marchés face aux Etats-nations

 

Après des mois de guerres picrocholines, la tribu des économistes de marché a retrouvé la foi : la reprise ne se fera ni en U, ni en W, ni en L, ni en racine carrée, ni même en Z. Mais en V.

 

On aurait tort de sourire de ce débat, et de son aspect microcosmique. Les croyances des marchés, savamment élaborées par ses économistes, ont un impact réel. Car ces convictions sont auto-réalisatrices. Au moins pour un temps.  Mais la crise a provoqué des transformations profondes, et les Etats ont fait un retour en force dans le jeu économique pour éviter la catastrophe. Ils ne se retireront pas aussi vite qu’ils sont revenus comme le souhaitent les apôtres des mécanismes de marchés totalement libéralisés. Face à la globalisation

 


Zone de Texte: VIDEO  Pour regarder en vidéo le point de vue 
                de Laurent Faibis, cliquez ici

 


Les marchés face aux Etats-nations

 

Les banquiers centraux savent parfaitement qu’une remontée des taux provoquerait un cataclysme qui mettrait le monde occidental en faillite. Les marchés sont également convaincus que les grandes entreprises cotées ont retrouvé le chemin des profits en prenant les bonnes décisions : réduire leur masse salariale, renforcer la pression sur la sous-traitance (et tant pis pour les PME qui agonisent), renforcer les délocalisations, investir dans les pays émergents là où sont les marchés porteurs.

 

D’ailleurs, les enquêtes révèlent un retour à la normal du niveau de trésorerie des grandes entreprises, tandis les résultats trimestriels sont orientés à la hausse. Les économistes des marchés détectent ainsi suffisamment de signaux positifs pour espérer être bons prédicateurs.

 

Une mutation inéluctable

Alors, après le coup de froid glacial sur les économies occidentales, le redoux, et le retour du business as usual ? Pas si sûr, si l’on s’attache à analyser rigoureusement les tendances profondes de l’économie. Il faut savoir garder l’œil rivé sur les fondamentaux. Ainsi, le marché du travail a été terriblement déséquilibré par la globalisation, puis par la crise. Parmi les conséquences, les économies occidentales sont placées sous la menace d’une spirale déflationniste qui tire les salaires et les prix vers le bas.

 

Le risque, c’est de devoir encore et encore élaguer dans les effectifs et le coût du travail pour maintenir les marges. Et ce faisant, la pression sur les revenus va s’accentuer en 2010. Les chiffres du chômage vont encore augmenter un peu partout. Et notamment en Allemagne, qui a pris des mesures de retardement des licenciements.  On s’attend en effet à une flambée du chômage outre-Rhin en 2010.

 

Difficile de faire repartir la consommation dans ces conditions, alors même que les ménages sont en phase de désendettement. Les Etats occidentaux vont être obligés de continuer à soutenir la demande par des politiques de transferts aux particuliers. Se sont mises en place dans tous les pays des stratégies de sauvetage, puis de redéploiement industriel, impulsées par les pouvoirs politiques. Chacun veut éviter l’effondrement de son économie. Par voie de conséquence, l’endettement public va dépasser tous les seuils imaginables des deux côtés de l’Atlantique.

 

Pour ceux des économistes qui n’ont pas l’œil rivé sur les seuls marchés financiers mais sur les investissements, les marchés des biens et des services, pour ceux qui comme nous pensent qu’in fine l’économie réelle aura raison de l’aveuglement provoqué par les bulles, le retour à la chimère d’une auto-régulation des marchés est impensable et impossible.

…/…


 

Bien sûr, certains veulent encore y croire : par difficulté d’adaptation intellectuelle ; par intérêt ; ou par cynisme.

 

Retour des Etats et régulation

du marché

 

En vérité, rien ne sera jamais plus comme avant. Le retour des gouvernements et de la politique budgétaire dans la vie économique est massif et durable. Le cheminement vers le rétablissement de régulations du marché est inexorable.

 

Mois après mois, aux Etats-Unis comme en Europe, l’Etat est forcé de reprendre les commandes de son économie. Il n’acceptera pas de se retirer comme le souhaitent les idéologues du marché auto-régulateur. Alors, après la Wall Street Economics, ne voilà-t-il pas revenu le temps de la Whole State strategy ?

Sans doute pas, car il existe néanmoins un consensus général sur l’impératif de sauver le capitalisme de marché. Faute de concurrent, c’est en effet le moins mauvais des systèmes économiques. Le défi est donc de trouver le bon équilibre entre la liberté d’entreprendre et l’exigence d’un encadrement souple des marchés.

 

Dans le même mouvement, alors que les gouvernements reprennent les manettes économiques, on assiste à un singulier retour en grâce des Etats-nations. Cette tendance exacerbe une contradiction croissante entre l’intérêt financier des grandes entreprises et l’intérêt national.

 

D’un côté, la globalisation et l’internationalisation des chaînes de valeur, pour produire plus et à

moindre coût, qui satisfait un consommateur qui paie les produits de moins en moins cher. De l’autre, un attachement renforcé à l’identité nationale, à la prospérité du territoire, pour créer des emplois et des revenus.

 

 

A l’heure de la globalisation des entreprises, se pose ainsi paradoxalement la question de la déglobalisation des économies des pays avancés. 

 

Le monde occidental risque fort de ne pas évoluer comme le souhaitent les opérateurs de marchés. Les bulles vont éclater de plus en plus vite. Les pouvoirs publics vont de plus en plus assumer leur mission de régulateur, voire d’incitateur. Les Etats pompiers laissent peu à peu la place aux Etats stratèges. L’histoire économique nous enseigne que cela peut être pour le pire comme pour le meilleur.

 

Laurent Faibis,

Président de Xerfi


 


 



1. L’INDUSTRIE EUROPENNE EN CRISE : QUELLES STRATEGIES DE REDEPLOIEMENT ?

 

 

Industrie : amorce de dégel,
mais pas de redoux

 

Les derniers chiffres pour l’industrie européenne sont plutôt encourageants. La production repart en France comme en Allemagne et on sent même frémir un investissement asthénique depuis un an. Le secteur qui illustre le plus parfaitement cette évolution est l’automobile : en France, en novembre, la production a bondi de 8,5%, aidée comme en Espagne, Italie, Allemagne ou au Royaume-Uni par la prime à la casse. Mais si 2009 a été faste pour les immatriculations, la production nationale a chuté l’année dernière. Car à trop se réjouir du rebond qui s’amorce, on en oublierait presque la violence du choc que nous venons de subir. Fin 2009, dans l’Hexagone, la production automobile demeurait inférieure de près de 30% à la moyenne enregistrée en 2005, année qui n’avait pourtant rien de mirifique. En d’autres termes, après être tombés dans le précipice, il faut aujourd’hui regrimper la pente. Or, la marche sera lente et ardue. Lente, car le tissu industriel a été dégradé par la crise : les grandes entreprises s’en sont plutôt bien sorties. Mais elles ont fait porter le risque à leurs fournisseurs et sous-traitants, qui se sont retrouvés étranglés par une distribution chiche de crédit et une trésorerie insuffisante. Ardue car la demande reste fragile, faute de visibilité conjoncturelle suffisante. Bref, l’hiver n’est pas fini pour l’industrie européenne. q

 

VIDEO  Industrie : amorce de dégel
             mais pas de redoux

 

L’Allemagne… et les autres

Part de la valeur ajoutée industrielle des 5 pays cumulés

Source : Eurostat, données 2007

 

La crise a fait perdre 12 ans à l’industrie européenne

Indice de la production industrielle base 100 = 2005 – Données UE à 15 pays

 

Source : Eurostat via EcoWin, (dernières données T3 2009)


 


Allemagne : le poids lourd industriel a évité le KO

1. Industrie européenne

 

Les chiffres sont édifiants : à elle seule l’Allemagne représente près de 40% de la production manufacturière de la zone euro. Son modèle de croissance, basé sur les exportations, est centré sur la spécialisation industrielle sur des produits à forte valeur ajoutée. Les firmes d’outre-Rhin, bien que souvent inconnues du grand public, occupent des positions de leaders mondiaux sur des niches industrielles haut de gamme ou à forte intensité technologique. Ce positionnement dans le spectre des qualités leur donne une autorité de marché et les protège de la concurrence par les prix des pays émergents.

 

Bien qu’elle ait été fortement affectée par la crise économique de 2008-2009, il est peu probable que l’économie allemande change de modèle une fois la crise passée. Les producteurs de biens d’équipements commencent d’ailleurs à bénéficier d’une reprise de la demande des pays émergents, notamment asiatiques, où la production industrielle est en train de redémarrer. A la différence d’un autre grand pays industriel ayant tout misé sur les exportations, le Japon, l’Allemagne a su garder une part constante (d’environ 10%) dans les exportations mondiales, malgré l’essor formidable des économies émergentes au cours de la dernière décennie. En effet, la stratégie allemande, qui s’appuie aussi sur l’économie de bazar, c’est-à-dire la délocalisation des phases des processus de production à plus faible valeur ajoutée, a permis aux industriels d’outre-Rhin de conquérir des parts de marché dans les pays partenaires de l’Union européenne, comme la France ou l’Italie.

 

L’industrie demeure fondamentale outre-Rhin

Part du PIB en %

 

 

 

Sources : calculs et prévisions Xerfi (données Destatis via EcoWin)

 

 

 

Après la «Kolossal » croissance, la crise brutale

Production manufacturière, indice 2005 = 100

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données Destatis, dernière donnée T3 2009)

 


 

 

Allemagne : le roi des exports détrôné par la Chine

1. Industrie européenne

 

La sentence est tombée : en 2009, l’Allemagne a été dépassée par la Chine en tant que 1er exportateur mondial. Il faut dire que notre voisin d’outre-Rhin a souffert de la dégradation exceptionnelle de la conjoncture dans l’UE de même que du retournement du commerce mondial. La Chine, quant à elle, a su compenser l’écroulement de la demande américaine en réorientant ses ventes vers des pays toujours voraces pour la production locale : Inde, Brésil, etc.

 

Il n’empêche, l’Allemagne demeure une redoutable machine à exporter et assure presque à elle seule l’équilibre des comptes extérieurs eurolandais. Mais cette réussite s’est forgée au prix d’une décennie de sacrifices et d’austérité salariale. La consommation des ménages n’a pas profité des années fastes et n’a pu servir d’amortisseur lorsque la crise s’est propagée au commerce mondial. Cette stratégie est également résolument non coopérative. Si l’Allemagne a réussi à grignoter des parts de marché, c’est au détriment de ses partenaires de la Zone euro. L’instauration d’une TVA sociale, à cet égard, a été particulièrement révélatrice.

 

Reste à régler le problème de la spécialisation sectorielle de l’Allemagne : l’automobile représente en tendance plus de 10% des exportations allemandes. En période de stimulation du marché, c’est une aubaine. Mais une fois épuisées les stimulations gouvernementales, cela pourrait bien s’avérer un handicap. Berlin mise donc sur un réveil de l’investissement au niveau mondial pour relancer les ventes des machines outils et plus généralement des biens d’équipement qui demeurent des pôles d’excellence.

 

Le matelas des excédents commerciaux s’est dégonflé

Milliard d’euros, 12 derniers mois cumulés

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données Destatis via Reuters EcoWin, dernières données novembre 2009)

 

 

 

Automobile et mécanique : les valeurs sûres du modèle allemand

Part en % des exportations totales en valeur

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données primaires Chelem, dernières données 2007)


 




France : une industrie en mauvais état…

1. Industrie européenne

 

Alors que se tiennent actuellement les Etats Généraux de l’Industrie, les producteurs français sont toujours en train de payer la facture de la crise. La demande extérieure s’est effondrée, l’investissement s’est éteint et les perspectives demeurent des plus incertaines. Il faut dire que les poids lourds industriels ont essuyé leur crise la plus grave de l’histoire récente. L’automobile a certes redressé la tête en fin d’année dernière. Mais à quel prix ? La prime à la casse a soutenu artificiellement les ventes, mais le débranchement progressif des perfusions ne se fera pas sans difficultés. Les Etats Généraux ont une lourde responsabilité : redonner ses lettres de noblesse à une politique industrielle digne de ce nom. Sans l’Etat, point d’Ariane, de TGV ou d’Airbus. Il s’agit justement là de points forts traditionnels de l’industrie française : les secteurs à forte intensité capitalistique et exigeant une interface importante avec les services. Services financiers d’abord, car les montages de cette nature nécessitent un réel savoir-faire. Services de maintenance ensuite, qui garantissent des revenus récurrents par la suite.

 

Mais l’industrie française doit tout de même se préparer à une année 2010 difficile. Bien entendu, il ne sera pas possible de faire pire que l’année dernière, mais l’éclaircie que nous entrevoyons actuellement repose sur des fondements fragiles. Les carnets de commandes des chefs d’entreprise restent singulièrement dégarnis. Par ailleurs, inutile d’espérer de miracles liés au déstockage : échaudés les chefs d’entreprise n’entreposeront que le strict nécessaire, d’autant plus que les cours des principales matières premières restent soumis à de très fortes volatilités.

 

L’amaigrissement industriel se poursuit

Part du PIB en %

 

 

 

Sources : calculs et prévisions Xerfi (données INSEE via EcoWin)

 

 

 

Pour le rebond c’est bon, mais la reprise est indécise

Production manufacturière, indice 2005 = 100

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INSEE via EcoWin, dernières données T3 2009)

 


 

… mais une stature industrielle internationale à défendre

1. Industrie européenne

 

Alors que la part de marché des exportations françaises dépassait largement les 6% en 1990, désormais elle atteint péniblement 4%, signe des difficultés des exportateurs français à lutter à l’international. Bien entendu, on pourra y voir les effets de la libéralisation du commerce mondial et de l’entrée en scène d’économies émergentes à la compétitivité-prix défiant toute concurrence… en tout cas occidentale. Mais la principale menace est venue de bien plus près, d’un pays frontalier même. Il s’agit bien entendu de l’Allemagne dont toute la stratégie de ces dernières années a été basée sur la capture de parts de marché au détriment de ses voisins européens, l’Espagne, l’Italie et la France en tête.

 

La France n’en conserve pas moins de nombreux atouts, à commencer par sa capacité à maintenir des grands groupes – et leurs sièges (avec tous les effets de déversement induits) – sur son territoire. Elle bénéficie également de la présence d’industries qui peuvent se prévaloir de contrats longs, souvent garantis par les Etats. C’est typiquement le cas des équipements de transport professionnel, dont l’exemple le plus illustre est l’aéronautique. Les livraisons d’Airbus, projet européen par excellence, contribuent grandement à contenir le déficit commercial de la France dans les limites du raisonnable. Mais cette force peut également être une faiblesse : lorsque les ventes d’aéronefs sont mal orientées, les ventes françaises à l’étranger plongent dangereusement. En ce sens, les difficultés actuelles des compagnies aériennes mondiales et les atermoiements autour du projet A400M sont particulièrement malvenus.

 

La part de marché de la France à l’export a fondu comme neige au soleil

Part des exportations françaises dans le commerce mondial, en %

 

 

 

Sources : estimations et prévisions Xerfi (données OCDE via Reuters EcoWin)

 

 

 

Les grands contrats boostent les exports

Part en % des exportations totales en valeur

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données primaires Chelem, dernières données 2007)


 


Royaume-Uni : non, l’industrie n’est pas morte…

1. INDUSTRIE EUROPEENNE

 

L’image renvoyée par le Royaume-Uni est souvent fausse. Ce serait une économie à 100% tournée vers les services, qui aurait abandonné toute son activité manufacturière sous les coups de boutoir de la révolution thatchérienne. La réalité est toute autre. D’après nos calculs, en réalité l’industrie représente encore 1/5 du PIB. Bien entendu, nous sommes loin des 33% enregistrés au début des années 1990, mais l’industrie d’outre-Manche demeure puissante. Au total, la production britannique lui permet de se hisser à la 6e place du palmarès mondial, derrière l’Italie, certes, mais devant la France.

 

D’où vient alors ce mythe d’un Royaume-Uni complètement désindustrialisé ? Certainement de la perte de la majeure partie des sièges sociaux que ce soit dans l’automobile ou encore dans la chimie. Qui dit perte de sièges sociaux, dit également perte de centres de décision et, partant d’influence. Cela explique en partie pourquoi les destructions d’emplois ont été massives ces dernières décennies. Nous estimons qu’entre 1990 et 2010, l’emploi manufacturier aura été divisé par deux. Cette évolution est somme toute logique : lorsque PSA Peugeot Citroën a dû se résoudre à fermer une usine sur le Vieux Continent, c’est le site de Ryton qui avait été choisi. De fait, le groupe français avait les mains bien plus libres que si elle avait dû s’attaquer à un site en France avec toutes les répercussions politiques et sociales que cela aurait impliqué.

 

Il n’empêche, le Royaume-Uni conserve aujourd’hui une base industrielle importante, avec une main-d’œuvre disponible et formée. De quoi attirer le regard des investisseurs étrangers.

 

Malgré l’érosion, l’industrie représente toujours un cinquième du PIB

Part de l’industrie dans le PIB  – Données en valeur

 

 

Sources : prévisions Xerfi (données ONS via EcoWin)

 

 

 

Mais l’emploi a été divisé par deux en vingt ans

Millier d’emplois – Données annuelles

 

 

Sources : prévisions Xerfi (données ONS via EcoWin)

 

 

 


 

 


…après le déclin, le regain ?

1. INDUSTRIE EUROPEENNE

 

 

Entre le milieu des années 1990 et le milieu de la décennie 2000, la production industrielle a été caractérisée par une très grande stabilité. Le pays a conservé des positions fortes sur des secteurs clés : aéronautique, défense, automobile, etc. tout en perdant des parts de marché sur des segments d’entrée de gamme. Dans l’automobile, par exemple, le pays conserve des unités d’assemblage d’automobiles de General Motors (Vauxhall), Nissan, Honda ou encore Toyota. Ford y produit encore des moteurs diesel, après la fermeture de son usine de Dagenham en 2002. Au total, le Royaume-Uni demeure le 13ème producteur mondial d’automobiles, alors même que le pays ne conserve plus de constructeur d’envergure mondiale.

 

Plus conjoncturellement, depuis la mi-2007, l’économie britannique dispose d’un atout considérable : celui de la faiblesse de la livre ; Alors que la Zone euro a dû affronter une monnaie qui flirte toujours avec les 1,5 dollar, les exportateurs britanniques ont pu bénéficier sur la même période d’une amélioration de leur compétitivité-prix face aux producteurs de la Zone euro d’un tiers grâce à la simple glissade de la livre. Cette stratégie n’est pas sans danger, puisqu’elle renchérit les coûts des intrants dans la production. Mais elle produit déjà ses effets : le moral des exportateurs est au beau fixe. Et au 3e trimestre de 2009, le déficit commercial du Royaume-Uni face aux pays membres de la Zone euro s’est retrouvé à son plus faible niveau depuis la fin 2006.

 

Bien entendu, le pays ne retrouvera pas une croissance forte grâce au seul dynamisme de son industrie, mais il pourrait tout de même s’agir d’une roue de secours bien inattendue.

 

La dépréciation de la livre redonne de la compétitivité aux exportateurs

Nombre d’euros pour une livre  – Données trimestrielles

 

 

Source : Reuters via EcoWin

 

 

 

Le chemin de la reprise sera toutefois long et ardu

Indice de production industrielle base 100 = 1995 – Données trimestrielles

 

 

Sources : ONS via EcoWin (dernière donnée novembre 2009)

 


 


Italie : touchée mais pas coulée…

1. Industrie européenne

 

Le calendrier a été désastreux : la crise globale a fortement mis à mal l’industrie italienne alors qu’elle commençait juste à récolter les fruits d’une profonde phase de restructuration. L’adoption de l’euro et l’intégration croissante des pays émergents dans l’économie mondiale ont rendu nécessaire un changement généralisé de stratégie de la part des industriels transalpins. Spécialisés dans des secteurs à moyen ou faible contenu technologique (textile-habillement, cuir-chaussure, automobile, mécanique, meubles, etc.), ces derniers ont souvent bénéficié, jusqu’au milieu des années 1990, de dévaluations de la lire qui renforçaient temporairement leur compétitivité-prix.

 

Le renoncement à l’arme monétaire et l’irruption des grandes économies émergentes dans l’arène du commerce mondial ont entraîné un recentrage de la stratégie industrielle italienne sur la conception, la marque et la qualité des produits. Cette réorganisation s’est traduite par une baisse de la production industrielle entre 2001 et 2005, reflétant une délocalisation des phases à moindre valeur ajoutée des processus productifs dans des pays à plus faible coût du travail. 2006 et 2007 ont été en revanche des années de reprise quasi-généralisée de la production industrielle et des exportations. Après des années de recul, la productivité du travail a également recommencé à progresser, effet positif des restructurations des années précédentes. Ce cercle vertueux a été brutalement cassé par le tsunami économique et financier de 2008-2009. Bien que fortement affectée, l’industrie italienne a plus de chances aujourd’hui de se reprendre d’une telle crise qu’elle n’en avait il y a une dizaine d’années.

 

L’industrie conserve un poids important dans le PIB, malgré la crise

Indice 2000 = 100 (échelle de gauche) ; part du PIB en % (échelle de droite)

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données ISTAT via Reuters EcoWin, dernières données T3 2009)

 

 

 

Spécialisation sur des secteurs à moyenne ou faible technologie

Part en % de la valeur ajoutée totale de l’industrie manufacturière

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données ISTAT, dernières données 2008)

 

 


… et le modèle économique se recentre sur l’industrie

1. Industrie européenne

 

Le poids de l’industrie dans l’économie transalpine demeure très important, en termes de contribution au PIB, mais aussi d’emploi (dont elle représente plus de 20% contre moins de 17% en moyenne dans la Zone euro). Dans ce contexte, les secteurs emblématiques du Made in Italy (la mode, l’agro-alimentaire, les équipements mécaniques, l’automobile etc.) joueront un rôle important dans la sortie de crise, via un effet d’entraînement sur les services et la distribution.

 

En 2009, la chute de l’activité industrielle et du commerce à l’échelle mondiale s’est traduite par un fort recul de la production de secteurs clés très dépendants des exportations, comme les équipements mécaniques ou la sidérurgie. En revanche, d’autres fleurons de l’industrie italienne comme l’agroalimentaire ou le textile-habillement, pourtant caractérisés par une moindre intensité technologique, ont mieux résisté à la dégradation généralisée du contexte économique.

 

Cela a montré une nouvelle fois que la spécificité et la force de l’industrie italienne, vis-à-vis notamment des concurrents issus des économies émergentes, résident moins dans le contenu technologique des produits que dans leur design, la réputation des marques, la qualité perçue par les consommateurs, ainsi que dans une forte flexibilité et capacité d’adaptation de la structure productive. Celle-ci s’explique, en partie, par les caractéristiques du   tissu industriel, constitué de nombreuses petites et moyennes entreprises regroupées en « districts » (clusters industriels très spécialisés au sein desquels les firmes réalisent des synergies productives et organisationnelles).

 

Un modèle basé sur les districts industriels

Intensité des réseaux d’entreprises par domaine d’activité et par zone géographique

 

 

 

Source : Xerfi

 

 

 

Une répartition homogène des exportations

Part en % des exportations totales en valeur

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données Chelem, dernières données 2007)

 

 

 

 

Espagne : la crise a dévasté une industrie déjà fragilisée…

1. Industrie européenne

 

Au cours de la période 2003-2007, alors que l’économie espagnole progressait à un rythme bien supérieur à la moyenne européenne, le poids de l’industrie dans le PIB a fortement reculé, au profit des véritables moteurs de la croissance ibérique qui étaient la construction et les services immobiliers et financiers.  Aujourd’hui, après l’explosion de la bulle immobilière et la chute vertigineuse de l’emploi dans la construction, l’activité industrielle n’est pas en mesure de prendre le relais de la croissance et l’économie espagnole semble promise à plusieurs années de purgatoire.

 

L’industrie au-delà des Pyrénées souffre en effet d’importantes faiblesses de nature structurelle :

Ø une spécialisation centrée sur des secteurs manufacturiers à faible ou moyen contenu technologique (comme le textile, le meuble ou l’automobile) ;

Ø un tissu industriel formé de petites et moyennes entreprises sous-traitantes de groupes étrangers ou de filiales de groupes étrangers ;

Ø des entreprises peu tournées vers l’international et encore moins vers les pays émergents (70% des exportations sont destinée à l’Union européenne),

Ø un effort insuffisant en recherche et innovation et un faible niveau de productivité.

 

Afin de combler ce déficit de compétitivité, le gouvernement a mobilisé depuis le milieu des années 2000 des sommes importantes pour le soutien aux entreprises innovantes, l’internationalisation des PME, le développement des infrastructures de transport et de télécommunication et la recherche.

 

Un modèle déséquilibré : la construction quasi équivalente à l’industrie

Part du PIB en %

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INE via Reuters EcoWin, dernières données T3 2009)

 

 

 

Chute vertigineuse de la production

Production industrielle (hors construction), indice 2000 = 100

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INE via Reuters EcoWin, dernière donnée T3 2009)


 

… les exportations en paient aujourd’hui la facture

1. Industrie européenne

 

La désindustrialisation de l’économie espagnole au cours des années 2000 se reflète dans un déficit commercial croissant, approchant les 10% du PIB en 2008.

 

 

La réduction du déficit en 2009 ne peut certainement pas être lue comme une amélioration des performances commerciales, car elle s’explique surtout par l’effondrement de la demande domestique et donc des importations. Du côté des exportations, pas d’amélioration en vue. Certes la reprise du commerce mondial se traduira par un rebond des ventes à l’étranger après la chute de 2009, mais à moins d’un changement radical de modèle économique, les exportations ibériques semblent destinées à décliner à moyen terme.

 

 

En effet, leur structure est dominée par le secteur automobile (voitures particulières, pièces détachées, véhicules utilitaires, etc.). Or, si les perspectives de l’industrie automobile en Europe sont, en général, assez sombres - les multinationales poursuivant leur mouvement de délocalisation vers les pays à faible coût de main-d’œuvre et à plus fort potentiel de croissance du marché -, elles le sont encore plus en Espagne, compte tenu de l’absence dans ce pays d’un constructeur national indépendant. Dans ce contexte, les constructeurs automobiles implantés en Espagne abandonneront probablement les sites de production locaux avant de fermer ceux qui sont installés dans leur pays d’origine.

 

Les années folles de la décennie 2000 ont plombé le déficit commercial

Million d’euros, données annuelles

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données primaires INE via Reuters Ecowin)

 

 

 

Les exportations dépendent trop de l’automobile

Part en % des exportations totales en valeur

 

 

 

Sources : calculs Xerfi (données primaires Chelem, dernières données disponibles : 2007)

 


 






2. GLOBAL MARKETS : EUROPEAN AIRPORT COMPANIES

 

Airport companies are entering a period of financial stress. Downstream, airlines will continue their consolidation through mergers & acquisitions and reinforcing their alliances. This trend will result in reduced bargaining power for airport companies.

 

Due to slowing traffic, airports’ revenues are going to grow at a slower pace than they anticipated when they decided to invest heavily in the increase of big hubs’ capacities. These are very concentrated geographically in North-western Europe. In this context, the development of the European High-Speed rail network will result in:

 

§     overlapping catchment areas, and hence fiercer competition between the biggest airports;

 

§     a rationalisation of the airport system, reinforcing the 3 “global hubs” London Heathrow, Paris CDG and Frankfurt;

 

§     decreasing demand for short-haul flights, with a negative impact on airports’ activity;

 

§     but also, larger catchment areas, with a potential positive impact on airports’ activity.

 

 

 

D’après l’étude XERFI GLOBAL

European Airport Companies

 

Etudes réalisée par Alberto Balboni

et Rafaelle Faibis. Etude publiée en anglais.

 

 

 

 

High speed rail network: threat and opportunity
for European airports

 

 

 

Source: Xerfi Global

 

 

 

 

 


 


European airport companies: overview of the competitors

2. GLOBAL MARKETS

 

Airports companies’ activity depends on the development of their main hubs

 

Airport Company

Nationality

Main airport hubs

Predominant airline

Alliance

Current importance    of the hub

Growth potential    (2010-2020)

BAA       (Ferrovial Group)

 

London Heathrow

British Airways

http://airlineworld.wordpress.com/category/oneworld/

+++

ì

Aéroports de Paris

Paris CDG

AirFrance KLM

+++

ììì

Fraport AG

Frankfurt

Lufthansa

+++

ììì

AENA

Madrid Barajas

Iberia

http://airlineworld.wordpress.com/category/oneworld/

++

ìì

Barcelona El Prat

Spanair

+

ìì

Schiphol

Amsterdam Schiphol

AirFrance KLM

++

ì

TAV

Istanbul Ataturk

Turkish Airlines

+

ìììì

Aeroporti di Roma

Rome Fiumicino

Alitalia

+

ì

Munich Airport

Munich

Lufthansa

+

ìì

 

Source: Xerfi Global.


 



3. FRANCE, LE BOUT DU TUNNEL POUR QUAND ? BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

 

L’hyper-guerre des prix est déclarée

Auchan innove et ouvrira fin mars son 1er hyper-discount. L’information pourrait ne pas retenir l’attention, tant le hard-discount fait désormais partie de notre paysage commercial. Une forme de distribution qui s’est ancrée dans nos habitudes de consommation puisque plus d’un ménage sur deux fréquentent aujourd’hui régulièrement ce type d’établissement.

 

Ce qui est surprenant dans l’offensive d’Auchan, c’est son ampleur. Priba, nom choisi par le groupe nordiste pour sa nouvelle enseigne, conserve la taille de l’hypermarché qu’il remplace et sera donc dix fois plus grand  que les discounteurs moyens. L’établissement proposera entre 25 000 et 30 000 références ainsi qu'un immense espace « self discount » où les consommateurs trouveront des produits en vrac. Cette offensive montre combien les prix sont redevenus LA variable surdéterminante pour le consommateur. C’est le seul moyen dont il dispose pour conserver son pouvoir d’achat. Les distributeurs l’ont bien compris et s’adaptent. Cela peut être également annonciateur d’un changement plus radical : le format universel de l’hypermarché, calé sur la demande de la classe moyenne semble à bout de course. C’est aussi le signe des tensions déflationnistes qui menacent notre économie q

 

VIDEO  L’hyper-guerre des prix est déclarée

 

 

 

Reprise de la marche triomphante du hard discount

Part de marché en valeur du hard discount

Sources : estimation Xerfi (données ScanTrack / eCENSiel)

 

Lidl toujours 1ère enseigne de hard-discount en France

Nombre de magasins au 1er janvier 2009 par enseigne

 

Sources : Xerfi (d’après Panorama Trade Dimensions 2010)

 


 

L’hyper-guerre des prix

est déclarée

Le prix caché du hard-discount

 

9 200 m² à prix cassés cela semble bon pour le portefeuille des ménages. Dans un environnement marqué par la flambée du chômage, la faiblesse des évolutions salariales (auxquelles il faut ajouter la fermeture du robinet du crédit), il ne reste guère que la baisse des prix pour redonner un peu de lustre au pouvoir d’achat. L’ouverture imminente par Auchan d’un hyper-discount (PRIBA) fort de 30 000 références à prix bas s’inscrit donc parfaitement dans cette logique. Elle est peut-être aussi le signe avant-coureur d’un changement radical de notre modèle de développement, qui, si nous n’y prenons pas garde, conduira irrémédiablement à la déflation des prix… et des salaires.

 

 

La consommation de masse n’existe plus

Hypermarché vs Hyperdiscount. Ce n’est pas simplement un glissement sémantique. C’est la marque de l’adaptation d’un grand distributeur

à une transformation profonde de notre société : la disparition de la classe moyenne. L’hypermarché, c’est le magasin universel « attrape-tout » selon l’expression de Philippe Moati. Un format parfaitement adapté à la société de consommation de masse.

 

Or depuis l’entrée en crise du modèle fordiste (basé sur l’établissement d’un compromis social efficace, via le partage des fruits de la croissance entre le capital et le travail), on assiste à un renforcement de la polarisation entre d’une part, une minorité de privilégiés disposant de revenus les plus élevés (et qui tend à s’enrichir), et une majorité de ménages qui gagne de moins en moins. Au milieu la classe moyenne s’étiole De plus en plus « sablier », de moins en moins « montgolfière » (1), la société est devenue plus inégalitaire et le centre de gravité est descendu : le hard-discount n’est plus une simple niche, mais bien l’endroit où se situe le cœur du marché dans l’alimentaire et le deviendra certainement pour les autres rayons.

 

Loin de se limiter aux achats quotidiens, c’est bien l’ensemble des

composants de la consommation qui est concerné, de l’automobile (avec le succès de la Logan) jusqu’à l’aérien : l'année 2010 sera selon toute probabilité l'année de la consécration pour Ryanair. La compagnie à bas coûts irlandaise devrait en effet passer devant Air France-KLM en nombre de passagers transportés.

 

 

Le dilemme du consommateur-salarié

La succes-story du low-cost n’est pas sans danger. Si dans un premier temps la baisse des prix est agréable aux consommateurs, la déflation est un poison mortel. C’est un cercle vicieux qui s’auto-entretient, et qui détruit la valeur des marchandises autant que la valeur du travail. Des prix bas toute l’année nécessitent d’aller encore plus loin dans les délocalisations, de mettre sous pression perpétuelle les sous-traitants, de substituer, dès que possible, des emplois qualifiés par des emplois non qualifiés. C’est aussi la baisse systématique des salaires. q

 

 

(*) La société en sablier. Le partage du travail contre la déchirure sociale. A Liepiez (Ed. La découverte / Poche)

 

 


 

Inflation : aucun risque inflationniste en 2010

3. BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

L’inflation n’est pas un problème ni en Europe et encore moins en France. Certes, les derniers chiffres font état d’une hausse des prix de 0,3% en décembre et confirment le retour de l’inflation en territoire positif. Il ne faut toutefois pas se méprendre. Les effets de base liés aux prix de l’énergie (pétrole en tête) qui avaient contribué à la baisse de l’inflation au cours de l’été, ont désormais un effet opposé et poussent les prix à la hausse.

 

Même si d’aucuns ne voient dans les politiques monétaires menées à l’échelle internationale une source toute trouvée de tensions inflationnistes, nous estimons qu’il n’en est rien. Bien au contraire. Les océans de liquidités devront bien être absorbés, mais ce seront quelques actifs qui devront en supporter le poids (comme les matières premières). Cela étant, la pression sur le coût du travail et sur les prix des produits manufacturés reste fortement baissière (excédents de capacité de production, réserves de main-d’œuvre inemployées, etc.) et les détaillants devront sacrifier leurs marges afin d’appâter les consommateurs : l’ouverture par Auchan de son premier hard-discount à Mulhouse est symptomatique. Macro-économiquement cela se traduit par une inflation sous-jacente (*) toujours très faible.

 

(*) L'indice d'inflation sous-jacente permet de dégager une tendance de fond de l'évolution des prix. Il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac, etc.) et les produits à prix volatils (pétrole, produits frais, produits laitiers, viandes, etc.) qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux L.'indice d'inflation sous-jacente est corrigé des mesures fiscales. L'inflation sous jacente est ainsi plus adaptée à une analyse des tensions inflationnistes, car moins perturbée par des phénomènes exogènes (INSEE)

 

Le cœur de l’inflation n’accélère pas

Variation sur 3 mois glissants du chiffre d’affaires (données en valeur cvs-cjo)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INSEE via Reuters EcoWin), dernières données décembre 2009

 

 

 

Le tabac et les produits pétroliers, principaux foyers d’inflation

Evolution (glissement annuel) de différents postes

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INSEE via Reuters EcoWin)


 

Commerce extérieur : retour des mauvais jours

3. BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

La cuvée 2009 n’est pas bonne. Certes, en cours d’année une amélioration assez nette était apparue, une amélioration en trompe l’œil :

 

Ø la baisse des cours du pétrole a mécaniquement amélioré notre solde énergétique (en 2009 le cours du Brent Mer du Nord, a été de 62 dollars en moyenne contre 97 en 2008, soit une baisse de 36%). Sur les 11 premiers mois de l’année, le déficit pétrolier (et des autres produits des industries extractives) est ainsi passé de 54,5 milliards d’euros en 2008 à 33,1 en 2009 ;

 

Ø l’embellie enregistrée était une embellie de récession. Dans les pays structurellement déficitaires, les chocs économiques se traduisent traditionnellement par une chute des importations, reflet de la faiblesse de la demande intérieure et non pas d’une quelconque accélération des expéditions vers l’étranger. Ainsi, en valeur les exportations sur les 11 premiers mois se sont affaissées de 18% contre 19% pour les importations.

 

La situation économique dans l’Hexagone et chez nos partenaires est moins dégradée qu’il y a quelques mois, mais nous sommes encore loin d’une complète normalisation. Surtout, les déficits que nous enregistrons sont essentiellement structurels : il est illusoire d’espérer revenir à l’équilibre sur le front du commerce extérieur, sauf à faire subir à notre économie une thérapie de choc qui anéantirait tout espoir de voir repartir durablement la consommation. 2010 ne devrait donc consacrer un creusement du déficit de notre balance commerciale.

 

L’amélioration du commerce extérieur n’a été qu’un feu de paille

Cumul sur 3 mois glissants du solde commercial (données en milliards d’euros cvs-cjo)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données Douanes via Reuters EcoWin), dernières données novembre 2009

 

 

 

Le déficit de la balance commerciale va de nouveau se détériorer en 2010

Evolution annuelle de la balance commerciale (données en milliards d’euros, cvs-cjo)

 

 

Sources : estimation et prévision Xerfi (données Douanes via Reuters EcoWin)


 



Industrie : d’abord restaurer les marges ; investir : on verra plus tard

3. BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

Les industriels ont l’œil rivé sur leur trésorerie. En période de crise, ce n’est pas le résultat qui compte mais le cash. Toutes les opérations menées n’ont qu’un seul objectif se dégager des marges de manœuvres financières nécessaires pour tenir et attendre la reprise. Dans ce cadre, les « cost killers » ont activé trois principaux leviers :

 

Ø les frais de personnels. La masse salariale est placée sous un étroit contrôle. Les intérimaires, comme les CDD ont été supprimés pour limiter la facture. Macro-économiquement cela s’est traduit par des destructions massives d’emplois et une masse salariale en recul ;

 

Ø les stocks et les délais clients. Vider les réserves de produits finis, acheter le moins de marchandises possibles, raccourcir les  délais clients ont été les leitmotivs pour alléger le financement du cycle d’exploitation ;

 

Ø l’investissement. Les machines tournent au ralenti et tout surplus de commandes à venir peut être honoré sans qu’il soit nécessaire d’accroitre les capacités de production. En outre, ne pas investir évite de mobiliser des ressources financières. A court terme, les projets d’investissements resteront dans les cartons.

 

Ces dispositions ont porté leurs fruits. Selon les chefs d’entreprise, la situation de trésorerie dans l’industrie est jugée plus aisée au second semestre 2009 (le solde d’opinion s’établit désormais dix points au-dessus de sa moyenne de longue période) et les résultats d’exploitation se rapprochent de leurs standards passés.

 

Trésorerie et résultats d’exploitation vont poursuivre leur amélioration

Perspectives d’évolution, soldes d’opinion, en %, cvs, décalées d’un trimestre

 

 

Source : INSEE

 

 

 

Selon les chefs d’entreprise, l’investissement baisserait encore en 2010

Taux de variation annuel de l’investissement en valeur dans l’industrie manufacturière

 

 

Sources : calculs Xerfi (données INSEE via Reuters EcoWin)


 



BTP : inquiétudes pour 2010

3. BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

Tous les corps de métiers du BTP ont souffert en 2009 et nous anticipons un nouveau recul de 2% de l’activité en volume cette année :

 

 

Ø certes la reconduction attendue de la mesure de remboursement anticipé de la TVA (FCTVA*) devrait éviter l’effet de rupture en 2010. Cela sera en revanche insuffisant pour relancer l’activité. D’abord, l’investissement privé restera au point mort, les entreprises ne disposant d’aucune visibilité sur l’évolution de leur activité. Ensuite, les collectivités (principalement les départements) demeurent dans l’expectative quant aux répercussions de la réforme de la taxe professionnelle sur leur finance et reportent sine die toutes dépenses importantes. Enfin, la montée de l’effort d’investissement de l’Etat sera graduelle et prendra sa pleine mesure progressivement. Après avoir reculé de près de 9% en volume en 2009, l’activité dans les TP devrait à peine se stabiliser en 2010 ;

 

 

Ø le bâtiment n’est pas mieux loti que les TP. Les dernières informations sur l’évolution des permis de construire ne laissent planer aucun doute sur le sens de l’activité au 1e semestre 2010 aussi bien du côté de la construction neuve de logements que des locaux professionnels.

 

 

(*) FCTVA : le fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) a pour objet la compensation par l'Etat aux collectivités locales, à leurs groupements et à leurs services, de la TVA acquittée sur leurs investissements (définition INSEE). Dans la 1e version du Plan de Relance, le Gouvernement a proposé de verser le FCTVA dû au titre de 2008, dès 2009, au lieu de le verser en 2010.

 

La réforme de la taxe professionnelle freinera l’activité des TP en 2010

Variation sur 12 mois des travaux réalisés (données en volume cvs-cjo, prix = 2004)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données FNTP), dernières données octobre 2009

 

 

 

La chute des permis de construire hypothèque déjà la performance 2010

Cumul sur 12 mois des permis de construire (100 = 2005)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données SOeS, Sit@del2, en date de prise en compte), dernières données octobre 2009


 



Distribution : quasiment au point mort en 2010

3. BILAN 2009 ET PERSPECTIVES 2010

 

La flambée des ventes des concessionnaires auto ne doit pas masquer les difficultés du commerce en général. Surtout elle ne doit pas être le prétexte pour affirmer que la consommation résiste : hors automobile, le moteur de la consommation tourne au ralenti depuis des mois, comme en témoigne l’évolution du chiffre d’affaires de la grande distribution qui reste désespérément en territoire négatif depuis le 1er janvier 2009, date de la mise en place de la prime à la casse !

 

La sortie du dispositif s'annonce donc délicate, même si le gouvernement  a prolongé la prime à la casse dans sa forme actuelle pour les véhicules commandés en fin d'année (mais livrés début 2010) et programmé une sortie progressive du dispositif, la rechute est inévitable. Et, elle sera brutale. Les expériences passées avec la « Balladurette » et la « Juppette » ont montré qu’au terme du dispositif, les immatriculations de voitures retombaient à un niveau inférieur à celui qui prévalait avant la mise en place de la prime.

 

Au-delà de ce jeu de Yo-Yo sur les ventes d’autos, les pressions sur le pouvoir d'achat vont s'accentuer cette année. La remontée prévisible de l'inflation (dans le sillage des cours de matières premières, principalement du pétrole) va entamer les maigres gains de revenus salariaux. Or, cette contraction du pouvoir d'achat va aller de pair avec la remontée du taux d'épargne, laissant encore moins de marge de manœuvre aux ménages pour dépenser plus : le chiffre d’affaires dans le commerce de détail (hors auto) ne dépassera pas 1% en valeur cette année.

 

2009 : la grande distribution décroche, les ventes autos s’envolent

Variation sur 3 mois glissants du chiffre d’affaires (données en valeur cvs-cjo)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données Banque de France), dernières données novembre 2009

 

 

 

2010 : retour de manivelle pour l’automobile

Evolution des immatriculations (cumul sur 3 mois glissants, données CVS-CJO)

 

 

Sources : calculs Xerfi (données SOeS, Sit@del2, en date de prise en compte), dernières données octobre 2009


 



 

4. SIGNAUX SECTORIELS

 

Tendances fortes

Les faits marquants

 

 

 

OPA /

Croissance externe

Après une accalmie de quelques mois liée à la crise, les grandes OPA sont de retour. Face à une demande atone et des conditions de marché difficiles, il est plus facile de croître en rachetant ses concurrents qu’en gagnant directement des parts de marché. Toutes les industries sont concernées, des IAA aux Télécoms en passant par l’industrie pharmaceutique :

 

 

IAA

 

 

 

 

 

 

 

 

Pharmacie

 

 

 

 

 

 

 

Electronique

 

 

 

 

 

 

 

Aéronautique

-          L’Américain Kraft lance une OPA hostile sur le Britannique Cadbury. Le montant initial porte sur 11 milliards d’euros, montant jugé insuffisant par le conseil d’administration. Après plusieurs semaines de tractation, au cours desquelles les noms de Nestlé, Hersley ou encore Ferrero ont circulé comme hypothétiques repreneurs de Cadbury, il semblerait que la situation tourne pour le moment à l’avantage de Kraft. Le Suisse Nestlé a en effet décidé d’acheter les pizzas surgelées de Kraft pour 3,7 milliards de dollars, offrant ainsi à l’Américain les armes pour améliorer son offre.

 

-          Novartis, le géant suisse de la pharmacie, achète, début janvier 2010, 52% d’Alcon après du groupe Nestlé, pour un montant de 28,1 milliards de dollars. Cet achat lui permet de se renforcer dans l'ophtalmologie, un secteur à fort potentiel de croissance en raison du vieillissement de la population. Novartis avait déjà acquis 25% d’Alcon en juillet 2008. Le groupe compte par ailleurs acquérir les 23 % restant pour 11,2 milliards de dollars.

 

-          Le groupe d'électronique et d'électroménager japonais Panasonic a pris le contrôle de son compatriote et concurrent Sanyo en décembre 2009 et devient ainsi plus gros que Sony. Cet achat lui permet d’élargir son offre dans le domaine de l'environnement (cellules photovoltaïques et des batteries rechargeables), la santé, l'hygiène et le divertissement multimédia. Le montant de l’opération porte sur environ 405 milliards de yens (3 milliards d'euros).

 

-          Le groupe chinois Xi'an Aircraft Industry (XAC) a acheté en décembre 2009 FAAC un fabricant autrichien de pièces composites pour l'aéronautique. Il s'agit de la première acquisition d'un fabricant aéronautique européen par une compagnie asiatique. Le Chinois fournissait déjà des pièces pour Airbus et Boeing. Le montant porte sur 40 millions d’euros.

 


 



 

4. SIGNAUX SECTORIELS

 

 

Tendances fortes

Les faits marquants

 

 

 

Globalisation

La globalisation reste au cœur des stratégies des entreprises. Que ce soit pour conquérir de nouveaux marchés ou pour accroître leur compétitivité en implantant directement des unités de production dans des pays à faibles coûts salariaux, les groupes poursuivent leur stratégie d’implantation dans les pays émergents :

 

Aéronautique

 

 

 

 

 

 

Automobile

 

-          Le motoriste français Safran, associé à General Electric, a été choisi par les Chinois pour équiper le futur avion moyen-courrier C 919, le rival attendu des Airbus A 320 et Boeing B 737. L’enjeu pour le Français est colossal puisque le marché chinois est estimé à près de 200 milliards de dollars d'ici à 2050. Afin de mettre toutes les chances de son côté, le Français avait déjà implanté 4 sociétés de fabrication de composants en Chine. Safran est également candidat pour fournir des équipements de systèmes de freinage et des trains d'atterrissage.

 

-          Renault devrait assembler sa nouvelle Clio sur le site de Bursa en Turquie, au détriment de l'usine de Flins dans les Yvelines. Cette dernière devrait prendre en charge les voitures électriques. Le site de Bursa est considéré par le constructeur comme l'un des plus compétitifs. Il fournira les marchés ouest-européens. Le Français poursuit ainsi sa stratégie de réduction de coûts qu’il mène déjà depuis quelques années.

 

 

 

Investissements

directs étrangers

Alors que l’essentiel des IDE (investissements directs étrangers) se faisaient initialement des entreprises de pays développés vers les pays en voie de développement, la tendance semble depuis quelques temps s’inverser. Les flux d’IDE se font désormais d’Est en Ouest. Voici quelques exemples de rachats de sociétés occidentales spécialisées dans la construction automobile par des groupes chinois ou indiens :

 

Automobile

 

-          Geely (Chine) a trouvé un accord avec Ford pour acheter Volvo. BAIC (Chine) s’est offert des plates-formes et des technologies de Saab (propriété de GM). Sichuan Tengzhong s’est porté acquéreur de la marque Hummer et Tata a racheté Jaguar et Land Rover à Ford.


 

 

 


 
Le marché des produits bio, face à un problème d’approvisionnement

5. STRATEGIES SECTORIELLES

 

Le marché bio en France a atteint 2,6 milliards d’euros en 2008, soit une croissance de 25% par rapport à 2007 et de 60% depuis 2005. Le bio a le vent en poupe : Precepta prévoit une augmentation du chiffre d’affaires des produits bio de l’ordre de 40% d’ici 2012 !

 

 

 

L’une des grandes problématiques du bio réside dans l’approvisionnement : la demande excède par trop l’offre. Conséquence, 30 à 50% des produits bio consommés sont importés. Alors que l’achat de produit bio est sous-tendu par des motivations écologiques, il y a là une forme de paradoxe : où est la cohérence « écologique » dans l’achat de la fameuse pomme bio du Chili ?

 

 

 

Toujours est-il que la demande est forte et que les distributeurs s’organisent en conséquence, en accordant une place croissante aux produits bio dans leurs linéaires. Les grandes surfaces alimentaires ne dominent cependant pas la distribution de produits bio. Avec une part de marché de 42% - mais en forte progression -, elles devancent de peu les magasins spécialisés qui s’adjugent 40% du marché. La vente directe occupe par ailleurs une place importante (13% des ventes totales).

 

 

 

La restauration collective et commerciale, stimulée par la mise en application de la règle du Grenelle visant à ce que les cantines publiques servent au moins 20% de repas bio d’ici 2012, contribue également à l’essor du marché. Il est donc grand temps que l’agriculture française se mette au diapason d’une demande en pleine croissance.

 

 

La filière du bio : les chiffres-clés

 

 

Source : Precepta


 



 Les grandes marques sont à la traîne sur le marché du bio

5. STRATEGIES SECTORIELLES

 

 

Les grandes marques doivent prendre des positions plus franches sur le marché en plein essor du bio

 

Les grandes marques de l’alimentaire essaient de profiter du dynamisme de la demande grand public en bio. Mais leur incursion dans l’univers du bio s’apparente souvent à une stratégie « opportuniste » et manque singulièrement de détermination. Pour la plupart de ces acteurs, le bio est encore en phase de test, certains recourant à la sous-traitance pour la fabrication de leurs produits. Pour d’autres, il s’agit de gagner en crédibilité sur ce marché prometteur.

 

Les stratégies poussives prédominent

 

Il n’est plus pourtant un jour sans qu’un industriel agroalimentaire conventionnel n’annonce une innovation produit dans le bio. Parmi les grands groupes : Fleury Michon, Lesieur, Heinz, Unilever (marque Knorr), Guyader (gastronomie), etc. tous ont développé au moins une référence bio. Pour l’heure, les gammes bio de ces acteurs sont encore peu étoffées. Une telle stratégie leur permet de tester le marché à moindres frais. D’ailleurs, le groupe Lesieur a choisi de recourir à la sous-traitance en ce qui concerne la production de ses huiles bio.

Certains groupes se démarquent cependant

 

Pour d’autres en revanche, l’implication dans le bio, et plus largement dans le développement durable, semble prendre une autre dimension, à l’instar du Groupe Lu (Kraft Foods). Outre le lancement de deux gammes bio, La Clé des Champs (en 2009), dotée d’une vaste campagne de presse, et l’Arbre aux Biscuits (en 2006), plus confidentielle, LU s’est engagé dans une stratégie de développement durable à travers son programme « Lu’Harmony ». Lancé en 2009, ce dernier constitue la première étape de la création d’une « filière blé respectueuse de la nature ».

 

Les MDD se montrent plus offensives

 

Les pionniers du bio, tels que Bjorg ou Léa Nature, conservent des positions fortes sur le marché, mais sont confrontées aujourd’hui non tant à l’offensive des grandes marques que des marques de distributeurs. Les GMS ont en effet activement participé au dynamisme du marché bio au cours des dernières années, en le démocratisant fortement à travers leurs marques de distributeur. Le numéro un français de la grande distribution alimentaire Carrefour, déjà leader sur le marché bio en France à travers sa gamme Agir Bio, entend rapidement

doubler le nombre de ses références bio sous marque propre (environ 300 références courant 2009). Si Carrefour et Monoprix disposent d’une longueur d’avance en matière de référencement de gammes bio sous MDD, les autres enseignes ne sont pas en reste. Toutes ont misé sur ce segment de marché au cours des mois passés, y compris les groupements d’indépendants qui étaient jusque-là à la traîne.

 

Si les GMS bénéficient d’une part de marché importante dans le bio, il n’en reste pas moins que l’hypermarché n’a pas forcément bonne presse auprès de l’ensemble des « consom’acteurs » (importations massives, pressions sur les prix des producteurs etc.).

 

EN SAVOIR PLUS, CLIQUEZ ICI

 

LE MARCHE DES PRODUITS BIOLOGIQUES A L’HORIZON 2012

Anticiper les mutations de l’environnement concurrentiel pour tirer parti d’un marché

à fort potentiel

(septembre 2009), Isabelle Senand

 

 

 

STIMULATEUR DE STRATEGIES

 

 

Collection Precepta Classic

 


 



 Trois grandes options pour optimiser les fonctions support

5. STRATEGIES SECTORIELLES

 

 

Il est aujourd’hui admis que les fonctions support (finance & comptabilité, paie & ressources humaines, achats, gestion de la relation client, etc.), qui n’appartiennent pas au cœur de métier, doivent participer à la performance globale des firmes. La plupart des entreprises cherchent ainsi à optimiser les coûts de leurs fonctions support. Pour se faire, elles disposent de trois grandes options.

 

 

1. L’amélioration des processus en interne peut se réaliser au sein des divisions de l’entreprise ou en filialisant l’activité. Une option moyennement coûteuse et complexe à mettre en œuvre, mais qui produit généralement des changements modérés, que ce soit en termes de réduction des coûts ou d’amélioration de la qualité des prestations.

 

2. La création d’un centre de services partagés consiste en la centralisation en interne d’une fonction qui était auparavant répartie sur plusieurs départements ou filiales. Cette option stratégique nécessite un investissement beaucoup plus lourd que l’externalisation et de profondes réorganisations dans les process de l’entreprise. Mais elle permet des économies substantielles et une amélioration de la performance de ces fonctions support, tout en limitant les risques sociaux (et d’image) liés à toute externalisation.

 

3. L’externalisation (ou BPO) auprès d’un prestataire est la solution la plus avantageuse en termes de coûts, mais la plus risquée sur le plan social et de la maîtrise de la qualité.

 

 

Les trois grandes options pour améliorer

la gestion des fonctions support :

 

 

La création de centres de services apparaît être la solution la plus satisfaisante,

mais elle est difficile à mettre en œuvre

 

 

Bénéfices

Amélioration

en interne

Centres

de services

Externalisation

(BPO)

Baisse des coûts

+

++

+++

Investissements

++

++++

+

Qualité

des prestations

+

++++

++

Difficulté de mise

en œuvre

++

++++

+++

Risque social

+

++

++++

 

Source : Precepta, d’après Mazars


 



 L’externalisation des fonctions support, victime de l’exception française

5. STRATEGIES SECTORIELLES

 

 

Le BPO qui connaît un certain succès dans le monde anglo-saxon se heurte aux spécificités culturelles du marché français

 

Le BPO – Business Process Outsourcing ou externalisation des fonctions support – est, ou disons, a été un terme à la mode au début des années 2000. De quoi s’agit-il ? Le BPO consiste théoriquement en la prise en charge par un prestataire externe de la gestion de tout ou partie d’une ou de plusieurs fonctions support de l’entreprise, dans le cadre d’un contrat de long terme et via le transfert des équipes jusque-là dédiées à ces tâches au sein de l’entreprise. Mais le BPO est aussi un habillage marketing conçu par les grosses SSII (sociétés de services informatiques) désireuses de se diversifier dans la gestion des fonctions support de l’entreprise, non moins pour prospérer dans ces nouvelles activités, que pour vendre, en amont, des prestations de conseil.

 

Un marché minuscule en France

 

Aujourd’hui, le BPO a indéniablement perdu de son aura. Dans l’éventail des possibilités qui se présentent aux entreprises, le BPO ne

rencontre pas les faveurs des entreprises françaises. On estime le marché français à seulement 2 milliards d’euros (source IDC), sans que l’on sache réellement ce que cette somme recouvre. D’autres solutions moins radicales lui sont préférées, en commençant par la rationalisation des services internes – la solution la plus immédiate pour baisser les coûts – ou la constitution de centres de services partagés. Si le BPO rencontre peu de succès en France, cela est lié en grande partie aux spécificités nationales : risque social élevé, préférence pour la qualité et la proximité des prestations, barrières linguistique et culturelle qui rendent difficiles et incertaines les délocalisations lointaines.

 

Mauvais positionnement des géants du BPO

 

Ces grandes caractéristiques de la demande des entreprises françaises sont clairement en contradiction avec les deux grands piliers du modèle économique des poids lourds mondiaux du BPO – principalement des SSII – que sont l’industrialisation des process et la délocalisation dans les zones géographiques les moins onéreuses (l’Inde en particulier).

 

Small and local are beautiful

 

Si le BPO doit décoller en France, ce sera certainement au profit de petites structures spécialisées sur une fonction support. On pense aux cabinets d’audit et d’expertise comptable, aux spécialistes du recrutement et du conseil en ressources humaines, aux sociétés d’affacturage… qui communiquent sur leur capacité à mettre à disposition des entreprises des compétences qu’elles n’ont pas en interne. Des opérateurs qui revendiquent rarement le terme BPO et dont les prestations se placent plutôt dans une optique « d’amélioration de la qualité des process pris en charge ».

 

 

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LES ENJEUX DE L’EXTERNALISATION DES FONCTIONS SUPPORT

Centres de Services Partagés, externalisation, BPO… : quelles stratégies d’optimisation ?

 (novembre 2009), Ludovic Melot

 

 

 

STIMULATEUR DE STRATEGIES

 

 

Collection Precepta Classic

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Idées

& analyses

 

 

¡         Les marchés face aux Etats-nations
par Laurent Faibis

 

¡         VIDEO  Xerfi e-changes : quelles sorties de la crise possible ?
par Olivier Pastré

 

¡         L’hyper guerre des prix est déclarée- Le prix caché du hard-discount
par Alexandre Mirlicourtois


 


 



Quelles sorties possibles de la crise ?
par Olivier Pastré

 

 

 

 

 

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Xerfi e-changes d’Olivier Pastré

 

 

Olivier Pastré, est professeur à l’Université de Paris VIII, producteur à France Culture, et membre de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations. Olivier Pastré est venu exposer les principales conclusions de son livre coécrit avec Patrick Artus le 16 décembre lors d’une conférence organisée dans le cadre de Xerfi e-changes.

 



 


 

 



LES ETUDES DU GROUPE XERFI

 

 

 

 

Le groupe Xerfi apporte aux décideurs les analyses indispensables pour surveiller l’évolution des marchés et de la concurrence, décrypter les stratégies et les performances des entreprises, en France comme à l’international. Le site xerfi.com met ainsi en ligne le plus grand catalogue d’études sur les secteurs et les entreprises.

 

 Au sein du plus grand bureau d’études spécialisé en France, les experts sectoriels du groupe Xerfi sont animés d’une passion commune : traiter l’information avec une très grande rigueur intellectuelle, réaliser des analyses professionnelles au plus près des réalités de la vie économique, s’engager sur des conclusions rédigées avec l’ambition de la probité et de la qualité.

 

Pour atteindre ces objectifs, le groupe Xerfi, s’est donné tous les moyens de  l’indépendance : son capital est détenu par ses dirigeants, son développement repose pour l’essentiel sur l’édition des études réalisées à sa propre initiative, des méthodes de travail éprouvées, des règles déontologiques strictes.

 

 

Dernières parutions des études Precepta

Date

EUROS HT

(version pdf)

 

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Parce qu’il est essentiel d’anticiper et d’agir au plus vite en matière économique, la lettre XERFI PREVISIS propose des analyses et des prévisions de Xerfi sur la conjoncture macro-économique et sur les secteurs, réalisées par notre département de synthèses macro-économiques.

 

Pour la recevoir, il vous suffit de nous retourner, par courrier ou par fax, le bulletin ci-dessous. Vous recevrez alors régulièrement XERFI PREVISIS par Internet en fichier Pdf. (n’oubliez pas d’indiquer votre e-mail).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A retourner ou à télécopier à :                                  Groupe Xerfi  13-15, rue de Calais  75009 Paris

Télécopie :          01.42.81.42.14

 

 

 

 

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