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Dernier numéro : 15 mai 2009

Xerfi Previsis N°145

 

SOMMAIRE de XERFI PREVISIS

LE POINT DE VUE de LAURENT FAIBIS

  1. FINANCE, TAUX ET MARCHES

  2. MENAGES AMERICAINS

  3. CONJONCTURE FRANCE

  4. DOSSIER SPECIAL

  5. STRATEGIES SECTORIELLES

  6. ECHOS DES SECTEURS

  7. CONFERENCES XERFI E-CHANGES


Xerfi Previsis N° 145 <HTML>

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LE POINT DE VUE
de LAURENT FAIBIS
 
Numéros précédents de Xerfi Previsis
 
  Xerfi Previsis N° 156 :
juin-juillet 2010

Spécial colloque :
LA FINANCE FACE A L'EMPLOI
Dossiers :
- Prévisions macro-sectorielles France
- La France et ses multinationales
 
Xerfi Previsis N° 154 :
avril 2010

Dossier du mois :
LA FRANCE DES SECTEURS
Conférence Xerfi:
Yvon JACOB
France et Industrie
Jean-Marie CHEVALIER
La volatibilité des prix du pétrole
Jean-Paul BETBEZE
Sortir de la crise
 
Xerfi Previsis N° 153 :
mars 2010

Dossier du mois :
FRANCE, PERSPECTIVES 2010
Conférence Xerfi:
Roger-Pol DROIT & François HENROT
Le philosophe et le banquier
Olivier BOMSEL
Directeur de la chaire ParisTech
Michel CHOUKROUN
Problématiques de distribution
 
Xerfi Previsis N° 152 :
février 2010

Dossier du mois :
QUELS MODELES DE CROISSANCE POUR LES PAYS AVANCES APRES LA CRISE ?
Conférence Xerfi:
Cristian de PERTHUIS
Professeur d'économie à Dauphine
Michel AGLIETTA
Expert de l'économie financière
Jean de KERVASDOUE
Professeur au CNAM

 
Xerfi Previsis N° 151 :
décembre 2010

Dossier spécial
L'INDUSTRIE EUROPENNE EN CRISE: quelles stratégies de redéploiement ?
Conférence Xerfi:
Olivier PASTRE
Professeur à Paris VII

 
Xerfi Previsis N° 150 :
décembre 2009

Symposium des prévisions économiques 2010-2011 :
LA RECESSION EST FINIE, PAS LA CRISE
Conférence Xerfi:
Laurent FAIBIS
Président du groupe Xerfi
Alexander LAW
Directeur de Xerfi Global
Alexandre MIRLICOURTOIS
Directeur des études
 
Xerfi Previsis N° 149 :
novembre 2009

Grand emprunt :
l'absence de vision stratégique
Conférence Xerfi:
Jean-Michel QUATREPOINT
Journaliste (Monde / Agefi / Tribune)
Frédéric ENCEL
Expert français de géopolitique
 
Xerfi Previsis N° 148 : octobre 2009
Factures et fractures de la crise
Conférence Xerfi:
Jean-Marie CHEVALIER
Professeur à Paris-Dauphine

 
Xerfi Previsis N° 147 :
septembre 2009

Un an après
 
Xerfi Previsis N° 146 : juin 2009
La France face à la crise mondiale : les enjeux de l'économie de la conception
Conférence Xerfi :
La France face à la crise globale :
quelle stratégie ?
Interventions d'Anton BRENDER,
Directeur des études économiques de DEXIA et Vincent PROLONGEAU
Président d'Entreprise et Progrès
 
Xerfi Previsis N° 145 : mai 2009
La stratégie américaine : la reprise par la fuite en avant
Conférences Xerfi e-changes :
Michel VOLLE - Statisticien et économiste
Alain NEMARQ - Président de Mauboussin
 
Xerfi Previsis N° 144 : avril 2009
Eloge de la dette
Conférences Xerfi e-changes :
Matthieu PIGASSE et Gilles FINCHELSTEIN VP Lazard et DG de la Fondation Jean Jaurès
Michel AGLIETTA
Conseiller scientifique CEPII, membre du conseil d'Analyse Economique
 
Xerfi Previsis N° 143 : février 2009
Il faut une stratégie pour la France
Conférence Xerfi e-changes :
Jean-Michel QUATREPOINT
Ancien patron de presse
Jean-Luc GREAU - Economiste
 
Xerfi Previsis N° 142 : janvier 2009
Les défis des Etats Unis :
une Obamania chimérique
 
Xerfi Previsis N° 140-141 :
décembre 2009

D’une béquille à l’autre
Conférence Xerfi :
Au-delà des crises, les moteurs du rebond
   
  Xerfi Previsis N° 139 :
novembre 2008

Sortir de la vraie crise
   
  Xerfi Previsis N° 138 : octobre 2008
Sous la crise financière,
la crise de la globalisation
   
  Xerfi Previsis N° 137 :
septembre 2008

Croissance mondiale :
la fin des années folles
   
   
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Présentation du Groupe Xerfi

 

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L’accès privilégié à la connaissance des secteurs économiques : Leader en France des études économiques sectorielles, le groupe Xerfi présente le plus grand catalogue de travaux sur la France et l’International.
Editeur indépendant, il est contrôlé à 100 % par ses dirigeants et apporte à ses clients par son expertise professionnelle, sa liberté éditoriale, son ouverture intellectuelle, l’accès à la connaissance actualisée des évolutions sectorielles, des stratégies des acteurs économiques et de leur environnement.

Le groupe Xerfi offre cinq niveaux d’accès à la connaissance économique:

  • l’analyse et la prévision sur le panorama complet des secteurs par Xerfi France,

  • le décryptage des stratégies concurrentielles des entreprises par Precepta,

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  • l’ouverture aux études des secteurs, des marchés et des groupes au plan mondial par Xerfi Global

  • les grandes prévisions macro-économiques sur la France et l’international par
    Xerfi Previsis



La dimension internationale 
: Xerfi Global met à la disposition des ses clients tournés vers l’international les études du groupe Xerfi sur les grands secteurs et groupes mondiaux.

L’engagement citoyen : Xerfi  entend participer activement à la réflexion sur les grands enjeux économiques.  Il mobilise à cette fin sa connaissance approfondie de l’économie mondiale et de tous les secteurs économiques, son expertise,  sa liberté d’analyse et de diagnostic conférée par son indépendance statutaire et financière.


La stratégie américaine : la reprise par la fuite en avant

Ceux qui attendent du Président Obama une modification profonde du modèle économique américain risquent d’être déçus. Car les réalités stratégiques s’imposent : la force de frappe sectorielle de l’économie américaine repose essentiellement sur un trépied : l’industrie financière, l’appareil de distribution, et le secteur de la défense. Le militaire est d’ailleurs l’un des rares grands secteurs technologiques dont le commerce extérieur va rester structurellement excédentaire. Il a de plus l’avantage d’être en partie à l’abri de la concurrence-prix internationale. Mais il exige un soutien accru du budget de l’Etat, ce qui n’est pas bon pour l’équilibre du budget fédéral. On voit mal le maître du bureau ovale prendre la décision d’affaiblir le meilleur vecteur de la puissance américaine.

Mais à trop focaliser l’attention sur les secteurs manufacturiers, on oublie souvent que l’industrie de la distribution, si bien symbolisée par Wal-Mart, va rester au centre du modèle de croissance américain. Un appareil commercial donneur d’ordres qui sous-traite ses fabrications très largement aux pays émergents, et principalement à la Chine. C’est donc une machine à déficits du commerce extérieur. Un constat : pas de modèle de croissance possible aux Etats-Unis sans redémarrage de la consommation des ménages. D’où la démultiplication des efforts de l’administration fédérale pour faire repartir la demande des ménages, et dans cet objectif le crédit à la consommation. En s’endettant, l’Etat américain entend substituer la qualité de sa signature à celle, défaillante, des ménages.

Un dollar qui doit tenir son rang

Ne nous trompons pas : il est indispensable pour les Etats-Unis de continuer à s’endetter coûte que coûte ; il est tout autant nécessaire que le dollar ne s’effondre pas. Cela entraînerait de fait une spirale inflationniste, une chute brutale des achats des ménages, l’effondrement des géants de la distribution. Et cela n’apporterait en contrepartie qu’un maigre regain de la compétitivité américaine, tant le processus de délocalisation a atteint un point de non retour. C’est une illusion de croire que la baisse du dollar permettrait tout à la fois de rééquilibrer la balance commerciale américaine, et d’alléger la dette par l’accélération de l’inflation. L’un et l’autre sont des impasses stratégiques. Une réalité s’impose : il n’y a plus aucune parité basse du dollar qui permette un sursaut massif et rapide de l’industrie. Tout simplement parce que l’appareil productif est incapable de relever le défi. Mais aussi du fait que la hausse des prix aurait un effet dévastateur sur la consommation des ménages (et donc sur les circuits de distribution) qui sont à la fois le nœud du consensus américain, mais aussi le meilleur facteur de rebond de l’économie américaine, au moins pour le prochain cycle.

Remettre impérativement Wall Street au cœur de la finance mondiale

S’il fallait encore un autre motif pour légitimer la défense de la parité du dollar, il suffit d’évoquer l’inexorable remise sur pied de l’industrie financière. Le rétablissement de la puissance de Wall Street exige un dollar suffisamment fort pour permettre à la Cash Machine de redémarrer, et drainer vers les Etats-Unis les capitaux du monde entier.

D’autant qu’aucun autre centre financier ne dispose de la puissance, de la sophistication technique, de la sécurité politique et donc de la crédibilité lui permettant de faire de l’ombre, à l’horizon de la prochaine décennie, à la capitale actuelle de la finance mondiale.


Les déficits : fausse menace, vraie opportunité ?

Soutien à la filière de la Défense, rôle central d’une distribution structurellement importatrice, puissance de l’industrie financière, une conclusion s’impose : le redémarrage de l’économie américaine a besoin des déficits. La seule vraie question est la soutenabilité de leur financement. Une question pertinente au regard de l’envolée actuelle de la dette fédérale, et du plongeon probable du commerce extérieur à l’heure de la reprise. Avec l’absence de décision d’ordre monétaire au cours du dernier G20, qui suit le réalignement tactique de la monnaie chinoise sur le dollar, l’horizon est dégagé pour quelques années.

Il faut bien que les excédents d’épargne soient recyclés quelque part

Les excédents d’épargne de la zone dollar vont continuer de financer les déficits américains, et de fait soutenir la devise américaine, et permettre la maîtrise de l’inflation. Car il ne faut jamais oublier que les excédents d’épargne structurels des pays émergents (le fameux « saving glut » de Ben Bernanke) ont absolument besoin de trouver en face des besoins de financement. Des excédents qui seront renforcés par la reprise économique, et le redémarrage de la machine à exporter asiatique, tout comme la remontée des cours du pétrole. C’est donc une autoroute du financement que pourrait bien emprunter le Président Obama. Un choix stratégique lourd de menaces, de contradiction, et dont l’une des conséquences majeures est d’épauler la montée en puissance de la Chine. Mais une solution pour sauver momentanément les Etats-Unis de la dégringolade, et permettre la reprise.

Monnaie et commerce : une alliance conflictuelle

La « Chimérique », cette alliance paradoxale entre les Etats-Unis et la Chine, scellée par une complicité monétaire et commerciale, n’est pas… une chimère. Une alliance certes contre nature, vouée à la rupture tant les intérêts à long terme sont contradictoires. Mais une alliance indispensable pour les deux parties pour faire redémarrer au plus vite le commerce international et la croissance.

Et à plus long terme ? Keynes prenait un malin plaisir à s’en tirer avec humour (et réalisme) par une pirouette : en rappelant qu’à long terme, nous serons tous morts ! Dans le bureau ovale, la démocratie faisant, c’est une autre administration qui aura la charge d’affronter ces défis majeurs. Du côté chinois, et c’est l’avantage concurrentiel des dictatures, on pense avoir la perspective de la longue durée, et ainsi le temps de préparer le coup suivant. Celui des ruptures.

Laurent Faibis

 
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