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Dernier numéro : 25 mars 2009

Xerfi Previsis N°144

 

SOMMAIRE de XERFI PREVISIS

LE POINT DE VUE de LAURENT FAIBIS

  1. FINANCE, TAUX ET MARCHES

  2. FRANCE + ALLEMAGNE

  3. CONJONCTURE FRANCE

  4. DOSSIER SPECIAL

  5. STRATEGIES SECTORIELLES

  6. ECHOS DES SECTEURS

  7. CONFERENCES XERFI E-CHANGES


Xerfi Previsis N° 144 <HTML>

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LE POINT DE VUE
de LAURENT FAIBIS
 
Numéros précédents de Xerfi Previsis
 
  Xerfi Previsis N° 156 :
juin-juillet 2010

Spécial colloque :
LA FINANCE FACE A L'EMPLOI
Dossiers :
- Prévisions macro-sectorielles France
- La France et ses multinationales
 
Xerfi Previsis N° 154 :
avril 2010

Dossier du mois :
LA FRANCE DES SECTEURS
Conférence Xerfi:
Yvon JACOB
France et Industrie
Jean-Marie CHEVALIER
La volatibilité des prix du pétrole
Jean-Paul BETBEZE
Sortir de la crise
 
Xerfi Previsis N° 153 :
mars 2010

Dossier du mois :
FRANCE, PERSPECTIVES 2010
Conférence Xerfi:
Roger-Pol DROIT & François HENROT
Le philosophe et le banquier
Olivier BOMSEL
Directeur de la chaire ParisTech
Michel CHOUKROUN
Problématiques de distribution
 
Xerfi Previsis N° 152 :
février 2010

Dossier du mois :
QUELS MODELES DE CROISSANCE POUR LES PAYS AVANCES APRES LA CRISE ?
Conférence Xerfi:
Cristian de PERTHUIS
Professeur d'économie à Dauphine
Michel AGLIETTA
Expert de l'économie financière
Jean de KERVASDOUE
Professeur au CNAM

 
Xerfi Previsis N° 151 :
décembre 2010

Dossier spécial
L'INDUSTRIE EUROPENNE EN CRISE: quelles stratégies de redéploiement ?
Conférence Xerfi:
Olivier PASTRE
Professeur à Paris VII

 
Xerfi Previsis N° 150 :
décembre 2009

Symposium des prévisions économiques 2010-2011 :
LA RECESSION EST FINIE, PAS LA CRISE
Conférence Xerfi:
Laurent FAIBIS
Président du groupe Xerfi
Alexander LAW
Directeur de Xerfi Global
Alexandre MIRLICOURTOIS
Directeur des études
 
Xerfi Previsis N° 149 :
novembre 2009

Grand emprunt :
l'absence de vision stratégique
Conférence Xerfi:
Jean-Michel QUATREPOINT
Journaliste (Monde / Agefi / Tribune)
Frédéric ENCEL
Expert français de géopolitique
 
Xerfi Previsis N° 148 : octobre 2009
Factures et fractures de la crise
Conférence Xerfi:
Jean-Marie CHEVALIER
Professeur à Paris-Dauphine

 
Xerfi Previsis N° 147 :
septembre 2009

Un an après
 
Xerfi Previsis N° 146 : juin 2009
La France face à la crise mondiale : les enjeux de l'économie de la conception
Conférence Xerfi :
La France face à la crise globale :
quelle stratégie ?
Interventions d'Anton BRENDER,
Directeur des études économiques de DEXIA et Vincent PROLONGEAU
Président d'Entreprise et Progrès
 
Xerfi Previsis N° 145 : mai 2009
La stratégie américaine : la reprise par la fuite en avant
Conférences Xerfi e-changes :
Michel VOLLE - Statisticien et économiste
Alain NEMARQ - Président de Mauboussin
 
Xerfi Previsis N° 144 : avril 2009
Eloge de la dette
Conférences Xerfi e-changes :
Matthieu PIGASSE et Gilles FINCHELSTEIN VP Lazard et DG de la Fondation Jean Jaurès
Michel AGLIETTA
Conseiller scientifique CEPII, membre du conseil d'Analyse Economique
 
Xerfi Previsis N° 143 : février 2009
Il faut une stratégie pour la France
Conférence Xerfi e-changes :
Jean-Michel QUATREPOINT
Ancien patron de presse
Jean-Luc GREAU - Economiste
 
Xerfi Previsis N° 142 : janvier 2009
Les défis des Etats Unis :
une Obamania chimérique
 
Xerfi Previsis N° 140-141 :
décembre 2009

D’une béquille à l’autre
Conférence Xerfi :
Au-delà des crises, les moteurs du rebond
   
  Xerfi Previsis N° 139 :
novembre 2008

Sortir de la vraie crise
   
  Xerfi Previsis N° 138 : octobre 2008
Sous la crise financière,
la crise de la globalisation
   
  Xerfi Previsis N° 137 :
septembre 2008

Croissance mondiale :
la fin des années folles
   
   
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L’accès privilégié à la connaissance des secteurs économiques : Leader en France des études économiques sectorielles, le groupe Xerfi présente le plus grand catalogue de travaux sur la France et l’International.
Editeur indépendant, il est contrôlé à 100 % par ses dirigeants et apporte à ses clients par son expertise professionnelle, sa liberté éditoriale, son ouverture intellectuelle, l’accès à la connaissance actualisée des évolutions sectorielles, des stratégies des acteurs économiques et de leur environnement.

Le groupe Xerfi offre cinq niveaux d’accès à la connaissance économique:

  • l’analyse et la prévision sur le panorama complet des secteurs par Xerfi France,

  • le décryptage des stratégies concurrentielles des entreprises par Precepta,

  • l’analyse du tissu français de sociétés par Xerfi Entreprises,

  • l’ouverture aux études des secteurs, des marchés et des groupes au plan mondial par Xerfi Global

  • les grandes prévisions macro-économiques sur la France et l’international par
    Xerfi Previsis



La dimension internationale 
: Xerfi Global met à la disposition des ses clients tournés vers l’international les études du groupe Xerfi sur les grands secteurs et groupes mondiaux.

L’engagement citoyen : Xerfi  entend participer activement à la réflexion sur les grands enjeux économiques.  Il mobilise à cette fin sa connaissance approfondie de l’économie mondiale et de tous les secteurs économiques, son expertise,  sa liberté d’analyse et de diagnostic conférée par son indépendance statutaire et financière.


Eloge de la dette

Le monde est malade d’une phobie de la dette. Les achats de biens de consommation durables, et notamment l’automobile, s’effondrent parce que les ménages ne veulent plus s’endetter pour les acheter. Même diagnostic pour les biens d’équipement des entreprises: dans les pays émergents à forte croissance potentielle comme dans les pays avancés, les industriels ne pensent qu’à purifier leurs bilans. Pire : c’est souvent pour alléger leurs passifs qu’ils se sont lancés dans un déstockage massif, pas toujours justifié par des stocks excessifs.

La liquidité est devenue une obsession. Le commerce mondial s’effondre : les exportations pourraient reculer de 9% en volume selon l’OMC. La cause profonde ? Pas seulement la chute réelle des commandes. Mais surtout la fantastique contraction de la demande de crédit à court terme qui finance les échanges. Quant au marché immobilier, il est en panne. Pas faute de besoins, notamment en France. Mais parce que s’endetter fait peur, pour les ménages comme pour les promoteurs.

Avec l’œil rivé sur le sauvetage des offreurs de crédits, les établissements financiers, on en oublie le traumatisme des demandeurs, ménages et entreprises. En Europe, une idée domine : le monde souffrirait d’une indigestion de crédit qu’il convient de soigner par la purge, voire l’abstinence. Pour soigner la dépression, faut-il verser dans la manie du désendettement ?

Accepter cette logique de la dépuration, c’est se condamner aux enchaînements récessifs d’une crise dure et longue, suivie au mieux d’une interminable période de torpeur économique. C’est provoquer un enchaînement déflationniste du prix des actifs et des biens, dont on connaît trop les conséquences récessives, qui se traduiront par des faillites et du chômage.

Car cette crise n’est pas celle de la dette, mais celle de la mauvaise dette qui chasse la bonne. Les actifs toxiques font ignorer les collatéraux sains. La psychose des ménages américains surendettés embrasse d’un même mouvement la victime du subprime, et le ménage français aux revenus stables, dont la valeur de l’actif immobilier ne subira pas le krach espagnol ou britannique.

On en oublie que faire appel au crédit, c’est surtout préparer l’avenir pour les entreprises (l’investissement) comme pour les ménages (l’accession à la propriété).

Des décisions politiques maladroites peuvent amplifier l’aversion envers la demande de crédit, alors que la priorité est de rétablir la confiance dans l’avenir, et donc dans le crédit. On ne reviendra pas en arrière dans un monde où tout se paye comptant. Ce serait comme vouloir rétablir l’étalon or pour les monnaies, et donc contracter la masse monétaire.

Relancer la demande de crédit

Certes la santé des offreurs de crédits est une préoccupation majeure des pouvoirs publics. Mais il est à craindre que les plans de sauvetage des banques, aussi massifs et indispensables soient-ils, comme celui du secrétaire d’Etat américain au trésor Timothy Geithner, ne provoqueront pas un choc suffisamment durable pour rétablir la confiance des entreprises et des ménages. L’économie mondiale souffre désormais d’une crise de la demande, qui s’exprime d’abord et avant tout par une crise de la demande de crédits. Et l’on sait depuis Keynes que c’est à l’Etat de rétablir la demande défaillante pour rechercher un équilibre de plein emploi. L’Etat – et plus particulièrement celui des pays riches – reste en effet le seul agent économique qui soit capable de provoquer les stimuli indispensables. Et aujourd’hui, il n’y aura pas de rebond de la croissance sans reprise de la demande… du crédit.

Bonne dette, mauvaise dette

Certes, il est indispensable de distinguer la bonne dette de la mauvaise. D’un côté, le bon emprunteur animé par une amélioration légitime de son bien-être ou par la perspective de création de richesses réelles. De l’autre, les montages d’équilibristes motivés par des objectifs de prédation ou de rentabilité surréaliste. En une phrase: les nouvelles régulations du système financier doivent permettre de séparer le bon grain de l’ivraie. Elles doivent également établir de nouvelles normes, en d’autres termes, modifier les conventions qui définissent quels sont, pour chaque agent économique, les niveaux d’endettement soutenables dans l’économie du XXIème siècle. Pour les Etats européens, il n’est pas sûr que les critères de Maastricht soient adaptés à la situation. Si les Etats-Unis et le Japon acceptaient de telles contraintes masochistes, leur force de frappe économique serait définitivement condamnée. Pour les grandes entreprises, il est urgent de remettre en cause des normes comptables dont les effets pro-cycliques se sont traduits par un trop grand laxisme sur le crédit en phase montante, et trop de rigueur (c’est un euphémisme !) en phase récessive. La crise, et les effets systémiques qui l’on provoquées, est aussi la conséquence de conventions obsolètes.

Des dogmes du passé il faut faire table rase

La saignée aveugle de la dette serait le pire des remèdes. Avec leur pragmatisme et leur opportunisme habituel, les américains, pour qui c’est une question de survie, en ont déjà pris la mesure. De ce côté de l’Atlantique (et particulièrement en France et en Allemagne), il n’est pas sûr que les élites économiques, encore accrochées aux dogmes de l’économie standard qui a dominé la pensée depuis 30 ans, aient acquis cette lucidité. Lors du G20, seule une impulsion décisive des Etats-Unis pourra donc provoquer une prise de conscience décisive.

Laurent Faibis

 
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