Croissance mondiale : la fin des années folles
La croissance mondiale pourrait bien friser la barre des 2 % en 2009, soit une chute de moitié en deux ans. L’hyper-endettement des ménages occidentaux fait caler la consommation et chuter l’immobilier. La baisse de la demande des pays avancés va mettre en panne le trop plein d’usines des pays ateliers, la Chine en tête, dont tous les vices cachés (surinvestissements industriels et immobiliers, système financier délétère et opaque) vont éclater au grand jour. Même l’Allemagne et le Japon vont souffrir, avec à la fois une demande interne étale, et un repli des exports. C’est la fin de l’illusoire jeu gagnant-gagnant du commerce mondial. La fin aussi des années de triche : où certains pays du nord s’enrichissent en fabriquant de la dette, revendue à l’étranger ; où d’autres au sud produisent à coûts cassés pour les pays riches, au mépris de toute règle sociale. Au centre du système, les firmes occidentales qui ont internationalisé le travail à bas prix, et finalement déstabilisé les équilibres sociaux de leurs pays d’origine. Au coeur de la tourmente, des banques et des fonds, qui ont abusé des effets de levier, en jonglant sur les excédents de liquidités. Le turbo-capitalisme implose. Pour autant, la globalisation reste une aubaine. Mais à condition d’instituer des règles internationales loyales et équitables : pour la finance, le travail, mais aussi l’environnement. L’essor du grand marché mondial ne doit plus être régi par la loi de la jungle.
Laurent Faibis
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